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Des conseils pour réserver vos vacances : supprimez vos cookies ou surfez en navigation privée, évitez Opodo/Liligo/GoVoyages préférez Skyscanner, Google Flights & les sites des compagnies aériennes. Bypassez Booking pour négocier directement avec les hôtels

Un ami a été arnaqué par Opodo, faites attention.
Sur TripAdvisor utilisez les filtres à gauche dans le moteur de recherche pour choisir un hôtel qui corresponde exactement à vos critères
Un article de 60M de consommateurs :
(SkyScanner est mal noté par 60M de consommateurs mais les recherches dessus sont très pratiques donc recherchez dessus & réservez ailleurs (sur le site de la compagnie))
Les comparateurs de voyages aériens respectent-ils les nouvelles règles de transparence ? Nous en avons testé neuf. Certains battent de l’aile. avion, valises et souris d'ordinateurThinkstock Le constat n’est pas brillant. Près de six mois après l’entrée en vigueur d’un décret encadrant les comparateurs en ligne, trois des neuf entreprises que nous avons étudiées ne répondent pas clairement aux nouvelles obligations, et seules deux donnent réellement satisfaction.
Le décret a été publié en avril, et le gouvernement avait laissé aux entreprises jusqu’au 1er juillet 2016 pour s’y conformer. Pour autant, certaines font du surplace…
Affichage du prix : gare aux mauvaises surprises
L’affichage immédiat du prix total est un aspect fondamental pour l’internaute. Or, trop souvent, il est approximatif. Des frais liés au choix du moyen de paiement, des frais de gestion ou de dossier s’ajoutent au cours de la navigation.
Seul Easy Voyage est dans les clous, notamment grâce à la mention « Voir les frais ». De plus, ce comparateur permet très clairement de cocher, dès le départ, la carte de paiement utilisée (MasterCard, Visa…) pour calculer les frais correspondants.
Sur Liligo.com, Go Voyages et Opodo, vous pouvez avoir de mauvaises surprises mais, dans leur colonne de gauche, un module permet de changer de mode de paiement. Quant à Skyscanner, l’opacité est totale : il est impossible de choisir le mode de paiement en page d’accueil.
La meilleure chose à faire est d’indiquer, dès la page d’accueil quand c’est possible, la carte bancaire avec laquelle vous pensez régler votre voyage. Cela vous évitera de voir le prix enfler de quelques euros, voire de quelques dizaines d’euros, au moment de finaliser l’opération.
Comprendre d’où vient la rémunération du site Dans ce secteur, il existe trois sources principales de revenus : la commission versée après transaction, la rémunération au clic, et la publicité.
De manière générale, l’internaute doit comprendre comment le comparateur se rémunère. Par exemple, Easy Voyage précise qu’il est rémunéré par ses « partenaires marchands, par l’intermédiaire d’un contrat », et il assure que cette rémunération n’a « aucun impact sur le classement des offres ».
Rien de tout cela sur le site de Skyscanner, bon dernier de notre étude, qui nous a précisé néanmoins : « La majorité des revenus du site provient des commissions facturées aux sites de vente, dès lors que le consommateur achète un billet d’avion ou un hôtel, et le reste vient des publicités. »
Le consommateur doit aussi savoir si le référencement sur le site est payant ou pas. Les choses sont claires avec Easy Voyage, qui stipule : « Liste de résultats (non exhaustifs) pour 24 marchands référencés à titre payant. » Le décret est, ici, bien respecté. Ce n’est pas toujours le cas.
Une question de transparence
Le décret impose enfin aux entreprises d’afficher s’il existe ou non des « liens capitalistiques »entre le site web et les professionnels qu’il référence. Skyscanner affirme respecter le décret : « Nous ne favorisons pas les offres de Ctrip [le géant chinois du voyage qui vient de le racheter, NDLR], affirme le représentant français du site. En bas de notre page d’accueil, nous indiquons que nous sommes impartiaux et que nos résultats de vols et locations de voiture sont affichés du moins cher au plus cher, et nos résultats d’hôtels par popularité. »
Certes, mais il faudrait – comme l’exige la nouvelle réglementation – que Skyscanner précise sur son site qu’il appartient à Ctrip. Il faudrait aussi qu’il indique en toutes lettres l’existence ou non de liens capitalistiques ou contractuels avec les professionnels référencés…
Notre comparatif des comparateurs
• Nous avons scruté les sites de neuf comparateurs et agences de voyages en ligne pour vérifier s’ils respectent le décret n° 2016-505 du 22 avril 2016. Applicable depuis le mois de juillet, ce texte oblige les entreprises à diffuser « une information loyale, claire et transparente » sur leurs services et leurs tarifs. Nous avons arrêté nos observations au 9 décembre 2016.
• Deux points du décret concernent la transparence du mode de fonctionnement. Une page spécifique doit réunir des informations comme les critères de classement des résultats de la recherche, l’existence ou non d’« une rémunération du site par les professionnels référencés »et d’une « relation contractuelle » éventuelle entre le site et ces mêmes professionnels, etc. Par ailleurs, l’essentiel de ces informations doit apparaître sur la page des résultats.
• Le troisième point impose l’affichage du « prix total à payer » dès la page de résultats. Le site doit s’expliquer quand « le prix exact ne peut être indiqué ».
Easy Voyage
Site web : Easy Voyage
Propriétaire du site : Groupe Webedia
Transparence sur le fonctionnement :3 +
Existence d’une rubrique spécifique : Rubrique “Notre engagement”
Information sur la page de résultats : Oui
Affichage immédiat du prix final :2 +
Accès aux frais cachés : Cliquer sur “Voir les frais”
Note globale de transparence :2 +
Kayak
Site web : Kayak
Propriétaire du site : Groupe Priceline
Transparence sur le fonctionnement :3 +
Existence d’une rubrique spécifique : Rubrique “Comment fonctionne Kayak”
Information sur la page de résultats : Oui
Affichage immédiat du prix final :1 +
Accès aux frais cachés : Cliquer sur “Modifier les modes de paiement”
Note globale de transparence :2 +
Liligo.com
Site web : Liligo.com
Propriétaire du site : Groupe Edreams Odigeo
Transparence sur le fonctionnement :2 +
Existence d’une rubrique spécifique : Rubrique “Nos engagements”
Information sur la page de résultats : Oui
Affichage immédiat du prix final :1 -
Accès aux frais cachés : “Prix soumis à conditions, cliquez sur détails”
Note globale de transparence :1 +
Ebookers.fr
Site web : Ebookers.fr
Propriétaire du site : Groupe Expedia
Transparence sur le fonctionnement :1 -
Existence d’une rubrique spécifique : Non
Information sur la page de résultats : Non
Affichage immédiat du prix final :1 +
Accès aux frais cachés : Cliquer sur “Afficher les détails du vol”
Note globale de transparence :1 +
Expedia
Site web : Expedia
Propriétaire du site : Groupe Expedia
Transparence sur le fonctionnement :1 -
Existence d’une rubrique spécifique : Non
Information sur la page de résultats : Non
Affichage immédiat du prix final :1 +
Accès aux frais cachés : Cliquer sur “Afficher les détails du vol”
Note globale de transparence :1 +
Voyages-SNCF
Site web : Voyages-SNCF.com
Propriétaire du site : Groupe SNCF, en partenariat avec Expedia (qui gère le site en tant que sous-traitant)
Transparence sur le fonctionnement :1 -
Existence d’une rubrique spécifique : Non
Information sur la page de résultats : Non
Affichage immédiat du prix final :1 +
Accès aux frais cachés : Cliquer sur “Afficher les détails du vol”
Note globale de transparence :1 +
Go Voyages
Site web : Go Voyages
Propriétaire du site : Groupe Edreams Odigeo
Transparence sur le fonctionnement :1 -
Existence d’une rubrique spécifique : Non
Information sur la page de résultats : Non
Affichage immédiat du prix final :1 -
Accès aux frais cachés : Cliquer sur “Voir les conditions du tarif réduit”
Note globale de transparence :1 -
Opodo
Site web : Opodo
Propriétaire du site : Groupe Edreams Odigeo
Transparence sur le fonctionnement :1 -
Existence d’une rubrique spécifique : Non
Information sur la page de résultats : Non
Affichage immédiat du prix final :1 -
Accès aux frais cachés : Cliquer sur “Détails du tarif”
Note globale de transparence :1 -
Skyscanner
Site web : Skyscanner
Propriétaire du site : Groupe Ctrip
Transparence sur le fonctionnement :2 -
Existence d’une rubrique spécifique : Non
Information sur la page de résultats : Non
Affichage immédiat du prix final :1 -
Accès aux frais cachés : Renvoie vers les sites des compagnies
Note globale de transparent
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Grèce: l’effondrement à bas bruit de tout un pays

Grèce: l’effondrement à bas bruit de tout un pays PAR MARTINE ORANGE ARTICLE PUBLIÉ LE JEUDI 2 FÉVRIER 2017
La crise grecque est toujours là. Les responsables européens et le FMI ont lancé un nouvel ultimatum à Alexis Tsipras. Il a trois semaines pour présenter de nouvelles mesures d’austérité. Épuisé, le pays est au bord de l’effondrement financier, économique et moral. Des responsables de Syriza parlent de sortir de l’euro.
Après avoir repoussé l’idée pendant plus de deux ans, Syriza semble prêt à penser l’impensable : sortir de la zone euro. Même si les responsables gouvernementaux n’en parlent pas ouvertement, des figures éminentes du parti de gauche en évoquent publiquement l’hypothèse. Pour l’ancien ministre des affaires européennes de Syriza, Nikos Xydakis, la question de la sortie de l’euro, en tout cas, ne doit plus être considérée comme « taboue ».« Il ne doit pas y avoir de tabou quand nous parlons du destin de la nation. Nous sommes arrivés au point où le peuple est au bout de son endurance. Je crois que nous avons besoin d’une discussion politique nationale en profondeur. Et cette discussion, naturellement, a besoin de commencer au parlement », a-t-il déclaré mardi 31 janvier.
Depuis, les observateurs se perdent en conjectures. Est-ce un ballon d’essai personnel de l'ancien ministre ? Cette intervention a-t-elle pour but de desserrer l’étau du gouvernement Syriza, au moment où celui-ci se retrouve à nouveau dans une impasse face à ses créanciers ? Ou l’hypothèse d’une sortie de l’euro est-elle vraiment un scénario discuté par le gouvernement, épuisé de ne trouver aucun soutien et aucune solution ?
La crise grecque a disparu des écrans-radars depuis le troisième plan de sauvetage, arraché après la capitulation de Syriza en juillet 2015. Tout a même été mis en oeuvre pour soigneusement enterrer le sujet, afin de ne pas rouvrir les divisions européennes, dans l’espoir que le temps finirait par faire oublier la Grèce. Les responsables européens ne veulent surtout pas remettre sur le devant de la scène le sujet, alors que les Pays-Bas, la France puis l’Allemagne sont appelés à voter cette année.
Cette tentative de mise en sourdine a presque fonctionné. Mais la crise grecque est toujours là. Plus que jamais : le troisième plan de sauvetage, comme redouté, n’a apporté aucune solution, aucun répit à Athènes. Et le cas grec pourrait se réinviter très rapidement dans tout le débat européen, si les événements continuent à ce rythme. À chaque déboursement de crédits supplémentaire prévus dans le plan, les créanciers se montrent toujours plus exigeants. La dernière réunion de l’Eurogroupe qui s’est tenue le 26 janvier en présence de responsables du FMI, n’a pas échappé à la règle. Alors qu’Athènes attend un déblocage des crédits européens pour l’aider à refinancer environ 6 milliards de dettes en juillet, la discussion a donné lieu aux mantras habituels, où il n’est question dans la novlangue chère aux responsables que « de tenir les engagements, de mettre en oeuvre les réformes, de diminuer les déficits, de retrouver une croissance soutenable, etc. ». Elle s’est achevée par une nouvelle humiliation pour la Grèce.
Un nouvel ultimatum vient d’être lancé à Athènes. Le premier ministre grec Alexis Tsipras a trois semaines pour trouver un accord avec les créanciers du pays. Lors de la réunion européenne du 22 février, tout doit être bouclé. D’ici là, une ébauche complète du plan proposé par Athènes doit être présenté à Bruxelles le 6 février. « Disons que la fenêtre d'opportunité est une fenêtre qui est encore ouverte, mais qui va bientôt se refermer parce qu'il y a des échéances électorales » aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, a rappelé le ministre français des finances, Michel Sapin, à l'issue de la réunion des ministres des finances européens. Comme pour bien rappeler à la Grèce qu’elle ne saurait s’inviter dans les élections européennes, et que par la suite, elle risque de trouver des « partenaires européens » moins disposés à son endroit. La dispute porte comme d’habitude sur ces fameux ratios financiers qui tiennent lieu de politique pour les responsables européens et du FMI. Alors que le gouvernement grec est parvenu, dans un effort budgétaire surhumain, à réaliser un excédent budgétaire (avant paiement de la dette et des frais financiers) de 1,5 % en 2016, les responsables européens ont conditionné leur nouvelle aide de juillet à un surplus budgétaire primaire de 3,5 % à partir de 2018 et ce pendant au moins vingt ans ! Jusqu’alors le FMI soutenait qu’un tel niveau d’excédent budgétaire était irréaliste voire contreproductif. Mais lors de ces dernières semaines, le FMI a changé totalement de position. Non seulement, il soutient l’objectif de 3,5 % d’excédent budgétaire mais il exige en plus des garanties. L’organisation internationale conditionne son soutien au plan de sauvetage à l’adoption préventive par le gouvernement grec de mesures d’austérité supplémentaires, qui viendraient s’ajouter à celles déjà prévues dans le plan de sauvetage. Celles-ci devraient être automatiquement mises en oeuvre au moindre dépassement budgétaire.
Alors que le gouvernement Syriza a déjà porté la TVA à 24 %, diminué de 40 % les retraites, augmenté les impôts, notamment fonciers, décidé de nouvelles taxes sur les voitures, les télécommunications, les télévisions, l’essence, les cigarettes, le café, la bière, annoncé de nouvelles réductions de 5,6 milliards sur les salaires publics, il se refuse à adopter ces lois préventives qui imposeraient de nouvelles baisses des salaires publics et des retraites et de nouvelles hausses d’impôt. Au nom des derniers lambeaux de souveraineté nationale qu’il reste à la Grèce. « Demander de telles mesures alors que les recettes de l’État sont meilleures que prévu est non seulement extrême mais absurde. Aucune nation ne peut consentir à de tels dispositifs », a expliqué le ministre grec des finances Euclide Tsakalotos, soulignant le caractère anti-démocratique des mesures exigées.
Il n’a trouvé aucun soutien auprès de ses homologues européens. L’Allemagne faisant de la présence du FMI au plan de sauvetage grec un préalable à sa propre participation, Berlin est prêt à accepter les conditions imposées par l’institution internationale. D’autant qu’elles ne lui semblent pas exorbitantes. Tous les Européens se sont alignés sur la position allemande.
Cela n’empêche pas les différends entre le FMI et les Européens. Ce week-end, l’institution internationale a fait fuiter de nouveaux documents sur la situation financière de la Grèce. Comme elle l’avait déjà dit en 2013, 2014, 2015, 2016, celleci réaffirme que la dette grecque est « explosive ». Selon ses derniers calculs, elle s’élèverait à 260 % du PIB en 2060. « La Grèce ne peut pas repousser son problème d’endettement. Athènes a besoin d’un substantiel allégement de sa dette de la part de ses partenaires européens pour retrouver un niveau acceptable d’endettement », est-il écrit dans ces documents.
Fallait-il vraiment attendre les calculs du FMI jusqu’en 2060 pour affirmer que la dette grecque est insoutenable ? Elle l’est déjà depuis très longtemps. Alors que le niveau d’endettement de la Grèce était de 120 % du PIB en 2010, il atteint désormais les 180 % du PIB. Soit quasiment deux fois la production annuelle de richesse nationale. Depuis des années, de nombreux économistes, quelle que soit leur obédience, plaident pour une restructuration profonde voire une annulation complète de la dette de la Grèce. Seule condition, à leurs yeux, pour remettre le pays sur des rails économiques.
Mais les responsables européens n'en démordent pas. Lors de la réunion du 26 janvier, ils ont à nouveau nié le problème face aux responsables du FMI. « Il n’y a aucune raison de tenir de tels propos alarmistes sur la situation de la dette grecque », soutient dans un communiqué le Mécanisme européen de stabilité, chargé de gérer les crédits européens à la Grèce. Compte tenu de l’abaissement des taux et de l’allongement des maturités consentis à la Grèce, l’inquiétude, selon les responsables européens, n’est pas de mise et encore moins le moindre allégement à Athènes. La seule chose que le gouvernement grec doit faire, répètent-ils, est d’« appliquer les deux tiers des réformes » prévues qu’il n’a pas encore mises en oeuvre.
Un pays épuisé La vacuité de toute cette politique d’austérité déterminée par certains ratios financiers saute aux yeux. Les responsables européens ont beau soutenir que leur plan de sauvetage fonctionne, se féliciter du redressement de la Grèce et des excédents budgétaires réalisés, la situation est tout autre : nous assistons, passifs, à l’effondrement à bas bruit de tout un pays. Alors que les prévisions tablaient sur un rebond de l’économie grecque en 2016, avec une croissance de 2,6 % au moins, celles-ci risquent une nouvelle fois de se révéler fausses. Si un léger sursaut a été enregistré au début de l’année, il n’a cessé de se tasser. Dans les derniers mois, le moteur paraît avoir même calé. Selon les chiffres de Markit publié le 1er février, l’activité manufacturière a enregistré en janvier sa plus forte baisse depuis 15 mois.« La baisse est liée tant au déclin de la production que des nouvelles commandes. Tandis que la hausse des prix des importations s’accélère pour atteindre leur plus haut niveau depuis 70 mois, les entreprises néanmoins baissent leurs prix de vente », explique l’institut économique et financier, pointant la chute de la consommation et l’absence de débouchés à l’extérieur.
En sept ans, le PIB de la Grèce a diminué d’un tiers. Le chômage touche 25 % de la population et 40 % des jeunes entre 15 et 25 ans. Un tiers des entreprises ont disparu en cinq ans. Les coupes successives imposées partout au nom de l’austérité mordent désormais dans toutes les régions. Il n’y a plus de trains, plus de bus dans des parties entières du pays. Plus d’écoles non plus, parfois. Beaucoup d’établissements secondaires ont dû fermer dans les coins les plus excentrés, faute de financement. Les dépenses de santé par habitant ont diminué d’un tiers depuis 2009, selon l’OCDE. Plus de 25 000 docteurs ont été renvoyés. Les hôpitaux manquent de personnel, de médicaments, de tout.
Le coût humain et social de cette politique d’austérité ne figure pas dans les tableaux Excel de l’Eurogroupe. Mais il est payé cash par la population. Un cinquième de la population vit sans chauffage ou sans téléphone. 15 % de la population est désormais tombée dans la grande pauvreté contre 2 % en 2009.
La banque de Grèce, qu’on ne peut soupçonner de complaisance, a dressé un bilan sur la santé de la population grecque, dans un rapport publié en juin 2016. Les chiffres qu’elle donne sont accablants : 13 % de la population sont exclus de tout soin médical ; 11,5 % ne peuvent acheter les médicaments prescrits ; les personnes souffrant de problèmes chroniques de santé sont en hausse de 24,2 %. Suicides, dépression, maladie mentale enregistrent des hausses exponentielles. Pire : alors que la natalité a baissé de 22 % depuis le début de la crise, le taux de mortalité infantile a quasiment doublé en quelques années pour atteindre 3,75 % en 2014.
Au terme de sept ans de crise, d’austérité, de plans européens, le pays est épuisé, financièrement, économiquement, physiquement. « La situation ne cesse de s’aggraver. Ce dont nous avons le plus besoin maintenant, c’est de nourriture. Cela montre que les problèmes portent sur l’essentiel et non la qualité de la vie. Il s’agit de subsistance », dit Ekavi Valleras, responsable de l’ONG Desmos. Et c’est à ce pays que l’Europe demande en plus d’assumer seul ou presque l’accueil des réfugiés venant en Europe.
Dans un premier temps, les observateurs ont analysé l’intransigeance réitérée des responsables européens comme un coup politique contre Syriza. Au bout de deux ans de gouvernement, après la volte-face sur le référendum de juillet 2015 puis le nouveau plan de sauvetage, le gouvernement d’Alexis Tsipras est au plus bas dans l’opinion publique. Exiger de lui de nouvelles mesures d’austérité, le mettre dos au mur et l’obliger à déclencher de nouvelles élections était analysé comme une ultime manoeuvre pour le défaire politiquement, lui faire payer une dernière fois son affront de 2015 et le remplacer par un gouvernement beaucoup plus acceptable.
Ce scénario politique semble un peu court pour d’autres économistes. Pour eux, c’est l’addition de la gestion européenne de la crise grecque qui va bientôt être présentée. Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, qui n’a jamais caché sa volonté de faire sortir la Grèce de l’euro mais avait vu sa ligne battue en juillet 2015, est en train de gagner, remarquent des observateurs. Peu à peu, les responsables européens, lassés de ce problème qui défie leurs solutions, se rallient à sa thèse. Le FMI qui cherche lui aussi à se sortir du bourbier grec, prône également un Grexit, seule solution susceptible, selon lui, de redonner l’oxygène monétaire au pays. L’ennui est que personne ne veut assumer la responsabilité historique de cette rupture et ses conséquences. Car exclure un pays de la zone euro revient à dire que la monnaie unique n’est plus intangible, comme cela a été affirmé lors de sa création. D’autres, volontairement ou non, pourraient suivre l’exemple. Déjà, les financiers sont aux aguets. La dette grecque fait l’objet à nouveau de spéculations intenses, faisant passer ses taux au-dessus de 7 %. Audelà, tout le marché obligataire européen se retrouve sous tension, poussant les taux italiens, espagnols, français à la hausse, malgré les interventions de la BCE.
L’attitude des dirigeants européens et du FMI ces dernières semaines est stupéfiante, tant elle s’inscrit dans un contretemps historique. Pousser la Grèce dehors au lieu de lui accorder la restructuration nécessaire de sa dette, au moment où les tensions géopolitiques n’ont jamais été aussi fortes, où Donald Trump attaque explicitement la construction européenne et parie sur son éclatement, paraît incompréhensible. Alors que l’Histoire frappe à la porte, ils n’ont comme réponse que celles de boutiquiers. Comme toujours depuis le début de la crise grecque.
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La Chine n’est pas capitaliste - La Chine et l’économie mondiale : le mythe et la réalité (Décembre 2015)

https://archive.is/bVCG1
Le Bolchévik nº 214 Décembre 2015
Nous reproduisons ci-dessous le texte, revu et corrigé pour publication, d’un exposé présenté en septembre dernier à New York par Bruce André, membre du comité de rédaction de Workers Vanguard, journal de la Spartacist League/U.S. Dans son exposé, notre camarade démonte quelques-uns des mythes les plus répandus dans la presse au sujet de l’économie chinoise et il explique un certain nombre d’événements survenus récemment dans ce domaine.
Pour comprendre l’économie chinoise, il faut partir du fait que, contrairement aux allégations de la plupart des commentateurs bourgeois ou prétendument socialistes, la Chine n’est pas un pays capitaliste. La Révolution de 1949 a mis fin au pouvoir de la bourgeoisie et des propriétaires terriens chinois, et elle a libéré le pays de l’esclavage impérialiste. Par la suite, la création d’une économie collectivisée et planifiée a jeté les bases d’un développement industriel accéléré, avec d’immenses acquis pour les masses ouvrières et paysannes qui, jusque-là, vivaient dans la misère. La Révolution chinoise a été menée par l’Armée populaire de libération de Mao Zedong, basée sur la paysannerie ; elle a créé un Etat ouvrier, mais celui-ci était dès sa naissance déformé, du fait qu’il avait à sa tête la bureaucratie parasite du Parti communiste chinois (PCC). Malgré une percée considérable du capitalisme au sein de l’économie, la Chine demeure un Etat ouvrier ; le noyau dur de son économie reste collectivisé – notamment les banques et les grandes industries, qui sont nationalisées. Une petite classe capitaliste a bien fait son apparition en Chine continentale, mais elle ne détient pas le pouvoir d’Etat.
Les impérialistes, qui avaient « perdu la Chine » en 1949, sont déterminés à la reprendre, afin de pouvoir à nouveau exploiter à volonté les masses chinoises. On peut le voir avec les agressions militaires américaines croissantes contre la Chine, qui se concentrent en ce moment en mer de Chine du Sud. La dernière en date de ces provocations a été l’annonce par les Etats-Unis d’exercices navals pendant deux semaines début novembre « à l’intérieur de la zone des 12 miles nautiques que la Chine revendique comme la limite de ses eaux territoriales autour de plusieurs des îles qu’elle a construites dans l’archipel des Spratly » (Financial Times, 8 octobre). Cette agressivité militaire s’accompagne de pressions économiques. Le projet de Partenariat transpacifique (PTP) porté par l’administration Obama consiste à créer un bloc contre la Chine dominé par l’impérialisme américain et japonais, incluant neuf autres pays capitalistes ainsi que le Vietnam, un Etat ouvrier déformé.
La Ligue communiste internationale s’oppose au PTP ainsi qu’aux manœuvres militaires américaines : nous sommes pour la défense militaire inconditionnelle de la Chine contre les impérialistes et les autres Etats capitalistes, et contre la contre-révolution intérieure. En même temps, nous ne donnons aucun soutien politique au régime du PCC, que le prolétariat chinois doit balayer par une révolution politique qui créera un régime de démocratie ouvrière ayant pour programme la révolution socialiste mondiale.
Depuis l’époque de Mao jusqu’à aujourd’hui, la politique du PCC a été l’expression du dogme nationaliste stalinien que le socialisme – une société d’abondance matérielle marquée par la disparition des classes – peut être construit dans un seul pays, et même dans un pays aussi historiquement arriéré que la Chine. Ce programme est en totale contradiction avec le programme marxiste de révolution prolétarienne mondiale – la condition préalable à la création d’une économie internationalement planifiée qui éliminera la pénurie en s’appuyant sur les technologies les plus avancées. Or celles-ci sont actuellement concentrées dans les pays capitalistes avancés. Sous Mao, l’économie planifiée était massivement déformée par le régime de la bureaucratie, qui avait érigé l’autarcie économique en vertu. Pour corriger les déséquilibres engendrés par l’incurie bureaucratique et pour favoriser la modernisation et la croissance, les équipes dirigeantes qui se sont succédé depuis 35 ans ont introduit des réformes de marché, assoupli le contrôle étatique sur la production et le commerce. Les investissements capitalistes ont aussi été encouragés dans certaines régions.
Cette expérience est loin d’être particulière à la Chine. Dans notre série d’articles « Le socialisme de marché en Europe de l’Est » (voir le Bolchévik n° 87 à 89, octobre à décembre 1988), nous analysions les effets de mesures de ce type dans plusieurs Etats ouvriers déformés d’Europe de l’Est avant leur destruction par la contre-révolution capitaliste. Nous faisions remarquer que, dans le cadre du stalinisme, il y a « une tendance inhérente à remplacer la planification et la gestion centralisées par des mécanismes de marché. Puisque les gestionnaires et les ouvriers ne peuvent pas être soumis à la discipline de la démocratie des soviets (conseils ouvriers), la bureaucratie considère de plus en plus que la seule réponse à l’inefficacité économique est de soumettre les acteurs économiques à la discipline de la concurrence. » Nous renvoyons également nos lecteurs à notre article « Les “réformes de marché” en Chine » (le Bolchévik n° 177, septembre 2006).
L’été a été agité sur les marchés financiers ; certains ont beaucoup perdu, notamment des banques, des fonds spéculatifs et autres grands investisseurs capitalistes. Cela a donné lieu une nouvelle fois dans la presse bourgeoise à une pluie d’articles qui cherchaient à expliquer les problèmes de l’économie mondiale en invoquant la prétendue imminence d’une crise en Chine.
Le 24 août, après une série de fortes baisses à la Bourse de New York, l’indice Dow Jones des valeurs industrielles a dégringolé de près de 600 points. Il se trouve que cela faisait suite à une série de ventes massives à la Bourse de Shanghai. La presse financière américaine a commencé à s’alarmer d’un « krach » supposé en Chine. Le Comité pour une Internationale ouvrière taaffiste [représenté par la Gauche révolutionnaire en France], qui prétend que le capitalisme a été restauré en Chine, évoquait de son côté la crainte de « récessions mondiale [sic] menée par la Chine » (« Economie mondiale : La crise chinoise crée la panique sur les marchés mondiaux », www.socialisme.be, article initialement publié le 25 août).
Bon, pour commencer, les ventes massives à Wall Street n’avaient fondamentalement rien à voir avec la Chine. C’était un exemple classique de bulle financière qui se dégonfle (jusqu’à un certain point). Depuis 2009 et jusqu’à l’année dernière, la Réserve fédérale a fait tourner la planche à billets à concurrence de 3 500 milliards de dollars, mis gratuitement à la disposition des banques et autres institutions financières. Celles-ci ont à leur tour investi en achetant des actions et d’autres actifs à risque aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, stimulant ainsi artificiellement l’économie mondiale. Beaucoup de ces bulles financières (sur les minerais et autres matières premières, les actions et obligations dans les pays du tiers-monde, etc.) sont en train de se dégonfler. Si le coup d’épingle qui a provoqué un dégonflage partiel de la bulle boursière américaine provient d’une chute de la Bourse de Shanghai, c’est un pur hasard, sans aucune signification économique sous-jacente. La piqûre d’épingle aurait tout aussi bien pu venir de rumeurs sur la politique de la Fed, ou d’à peu près n’importe quoi d’autre.
Deuxièmement, l’état de la Bourse de Shanghai ne dit rien sur l’état de l’économie chinoise dans son ensemble. Contrairement à la Bourse des Etats-Unis et autres puissances capitalistes, les fluctuations de la Bourse chinoise n’ont pratiquement aucun impact sur les décisions d’investissement dans ce pays. Seuls 5 % des financements du secteur privé chinois proviennent de la Bourse – sans parler du secteur étatisé qui est dominant ! Si les actions de la Bourse de New York perdaient 40 % de leur valeur en deux mois, comme cela s’est produit cet été à la Bourse chinoise, nous serions en présence d’une récession mondiale.
L’effondrement de la Bourse de Shanghai a été à n’en pas douter un coup dur politique pour le régime de Pékin, qui depuis plusieurs années encourageait la classe moyenne chinoise à arrondir ses fins de mois en investissant dans des actions, tout en prêchant que la Bourse était amenée à jouer un « rôle décisif » dans l’affectation des ressources. Cet engagement politique des bureaucrates de Pékin explique sans doute pourquoi depuis le début du krach, au moins de juin, ils ont déboursé la somme incroyable de 236 milliards de dollars, prélevés sur les précieuses réserves de devises du pays, pour essayer de soutenir les cours boursiers.
Troisièmement, même si l’effondrement de la Bourse de Shanghai reflétait une crise économique croissante en Chine, ce qui n’est pas le cas, cela ne ferait pas planer la menace d’une crise économique aux Etats-Unis. Les Etats-Unis ont un immense marché intérieur, qui représente environ 70 % du PIB. Les exportations américaines vers la Chine représentent seulement 1 % du PIB américain.
Le yuan et vous
Pendant ce temps, Pékin a dévalué le yuan à la mi-août en laissant le cours de sa devise baisser de 4,4 % en une seule semaine. La presse financière américaine a interprété cela comme un signe supplémentaire que l’économie chinoise entrait soi-disant dans une crise profonde. Cette dévaluation était présentée comme une réaction de panique de la part de Pékin, qui aurait cherché à enrayer un ralentissement économique en stimulant les exportations. (Une baisse du cours du yuan rend les exportations chinoises moins chères sur les marchés internationaux.) L’économiste indien Prabhat Patnaik argumente dans un article de la revue Monthly Review (« La dévaluation du yuan », 27 août) que « la dévaluation de la monnaie chinoise laisse présager une grave accentuation de la crise capitaliste mondiale ». Patnaik prédit une guerre monétaire où la Chine essaiera désespérément de rester à flot en augmentant ses exportations aux dépens de ses concurrents internationaux.
Il faut replacer cette dévaluation dans son contexte. En 2005, sous de fortes pressions américaines, la Chine avait de facto fixé le cours du yuan par rapport au dollar. Cela a eu pour effet une réévaluation continue du yuan pendant dix ans ; on peut parier que ce n’était pas exactement l’effet attendu par les responsables chinois. Quand la Réserve fédérale américaine a commencé, suite à la crise financière, à faire tourner frénétiquement la planche à billets, cela aurait logiquement dû conduire à un affaiblissement du dollar. Mais la stagnation économique au Japon et en Europe, sans parler de la crise sans fin de la dette grecque, a fini par faire apparaître le dollar comme une valeur refuge pour les capitalistes financiers du monde entier. Les capitaux ont afflué aux Etats-Unis, poussant à la hausse le dollar – ainsi que le yuan qui était fixé à lui. Cette hausse a nui aux exportations chinoises, car il devenait plus coûteux d’acheter des marchandises produites en Chine et dont le prix est libellé en yuans. C’était particulièrement vrai pour les importateurs européens et japonais, car l’euro et le yen se dépréciaient.
La meilleure manière d’évaluer l’impact économique sur la Chine est d’examiner l’évolution depuis dix ans du taux de change du yuan pondéré par le commerce extérieur. C’est le taux de change du yuan par rapport non seulement au dollar mais à un panier de devises où sont représentés les principaux partenaires de la Chine à hauteur de leur poids dans son commerce extérieur. Dans un article publié le 15 août dans The Economist, on trouve un graphique montrant qu’entre 2005 et la mi-2015 le taux de change pondéré du yuan a augmenté de rien moins que 50 %. Autrement dit, si l’on ne fait que prendre l’effet de la hausse du yuan sur cette période, cela a eu pour effet de renchérir en moyenne de 50 % les produits chinois sur le marché mondial.
Dans ce contexte, la dépréciation du yuan en août n’était pas exactement un bouleversement majeur. En fait, The Economist se demande s’il est même approprié de parler de dévaluation, faisant remarquer que la Banque populaire de Chine (la banque centrale) est initialement restée les bras croisés : elle a laissé le marché jouer un rôle plus grand pour déterminer le taux de change du yuan ; puis elle a rapidement fait machine arrière et dépensé plusieurs dizaines de milliards de dollars puisés dans les réserves de devises du pays pour soutenir le yuan et l’empêcher de baisser davantage. Comme l’explique The Economist : « La dévaluation initiale de 2 % ne faisait que compenser l’appréciation du yuan au cours des dix jours précédents, en termes de taux de change pondéré par le commerce extérieur. Le yuan est toujours 10 % au-dessus de son cours d’il y a un an par rapport aux devises des principaux partenaires commerciaux de la Chine. »
L’une des contraintes qui pèsent sur la Banque populaire de Chine, c’est qu’une dévaluation plus importante opérée d’un seul coup provoquerait des actions similaires de la part d’autres pays, ce qui neutraliserait l’effet de la dévaluation comme stimulant pour les exportations. Et si tout le monde était convaincu que le yuan allait connaître une série de dévaluations, cela accélérerait une fuite hors de Chine des capitaux qui est déjà préoccupante.
Tout ceci ne veut pas dire que la dépréciation du yuan, aussi limitée soit-elle, n’aura pas d’impact sur le commerce mondial. A la mi-2015, les exportations chinoises étaient en baisse de 8,3 % sur 12 mois, certainement du fait du ralentissement économique dans la plus grande partie du monde capitaliste. On peut s’attendre à ce que la dévaluation du yuan stimule un peu les exportations chinoises. En même temps, un certain nombre de pays asiatiques qui exportent beaucoup vers la Chine seront pénalisés dans des proportions variables – Taïwan, la Malaisie et la Corée du Sud exportent plus de 5 % de leur PIB vers la Chine.
En Europe, la dévaluation du yuan a fait chuter le cours en Bourse de certaines entreprises qui vendent leurs produits en Chine, car les investisseurs craignent qu’elles se mettent à perdre de l’argent. Mais le premier moment de panique passé, il n’est pas du tout évident que dans l’ensemble les entreprises européennes en souffriront beaucoup. La Chine est le plus gros marché pour les producteurs automobiles allemands, mais il s’avère que ces entreprises se sont largement couvertes contre ce genre de fluctuations monétaires. Et une proportion significative des automobiles qu’elles vendent en Chine sont produites sur place, ce qui atténue l’impact des fluctuations de taux de change. Le Wall Street Journal du 11 août citait avec approbation un analyste financier en vue qui affirme que l’impact global de la dévaluation sur l’industrie automobile allemande serait « dans les faits nul ».
Quelle crise ?
Ceci étant dit, l’affirmation maintes fois répétée que Pékin a dévalué le yuan afin de désamorcer une crise croissante en Chine n’a manifestement aucune base factuelle. Comme l’expliquait l’économiste Nicholas Lardy dans un éditorial du New York Times (26 août), parler de crise en Chine c’est « tirer la sonnette d’alarme pour rien ». Pratiquement tout le monde s’accorde à dire que le taux de croissance de l’économie chinoise tourne autour de 7 % par an, un niveau qu’aujourd’hui aucun pays capitaliste avancé ne peut même espérer atteindre. Certes, le taux de croissance phénoménal de la Chine est un peu moins élevé comparé à celui des dernières années (9,7 % en 2013 et 8,3 % en 2014). Mais il faut garder en tête que ces chiffres représentent la croissance de la Chine d’une année sur l’autre. Entre 2007 et 2013, la Chine a triplé sa production de biens et services. En 2014, la croissance chinoise représentait près de 40 % de toute la croissance économique mondiale. Autrement dit, une croissance de 7 % cette année représente une augmentation de production totale bien plus grande que les 14 % de croissance de 2007.
De plus, le tassement du taux de croissance n’est guère étonnant. Des taux d’investissements impressionnants décidés par l’Etat ont permis à l’économie chinoise de continuer son développement alors même que le monde capitaliste subissait les effets de la crise financière mondiale de 2008-2009. Ce gigantesque effort d’investissements dans le logement, les transports et autres immobilisations a représenté semble-t-il jusqu’à la moitié du PIB chinois, un niveau extraordinaire. En tout juste deux ans, de 2011 à 2012, la Chine a construit environ 3,8 milliards de mètres carrés de logements, assez pour loger confortablement plus de 100 millions de personnes. (Les taaffistes joignent leur voix à celle d’économistes néolibéraux, qui sont très à droite de néo-keynésiens comme Paul Krugman, pour fustiger le déficit budgétaire de Pékin. Leur article du 25 août ne répond pas à cette question évidente : comment se fait-il que la Chine « capitaliste » ait été la seule à progresser énormément pendant la crise financière mondiale ?)
On peut ajouter que la dévaluation du yuan arrive à un moment où Pékin met en place la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, et s’est déjà engagé à investir des centaines de milliards de dollars pour construire la « Nouvelle route de la soie » vers l’Europe à travers l’Asie centrale ainsi que des routes maritimes vers le sous-continent indien et l’Afrique. Tout ceci, ajouté à la multiplication des investissements chinois en Afrique et en Amérique du Sud, témoigne de l’extension internationale de l’empreinte économique et financière de la Chine, pas d’une crise économique en Chine.
Ceux qui proclament l’imminence d’une crise économique en Chine montrent du doigt les bulles spéculatives évidentes qui se sont développées dans ce pays, notamment sur le marché immobilier. Etant donné que le gouvernement dispose de plus de 3 000 milliards de dollars de réserves financières, un effondrement du système bancaire chinois est peu probable. Des articles récents expliquent que les programmes de stimulation économique de l’Etat ont abouti à un excédent de capacité de production industrielle, par exemple dans les cimenteries. Une économie planifiée sous la direction de conseils d’ouvriers et de paysans minimiserait ce genre de déséquilibres. En cas de capacités de production inutilisées, les ouvriers des industries nationalisées pourraient alors recevoir une nouvelle formation et être employés dans d’autres industries. De toute évidence, les entreprises privées ne peuvent et ne veulent pas faire cela.
Quelques perspectives et questions
Donc, que pouvons-nous dire sur l’état de l’économie chinoise ? Derrière les statistiques économiques, ce qui nous importe particulièrement c’est le potentiel d’une révolte ouvrière et d’une fracture politique au sein du régime du Parti communiste.
La première question est la suivante : avec le ralentissement relatif de la croissance économique exponentielle chinoise, y aura-t-il assez d’emplois pour empêcher un chômage de masse ? Regardons d’abord la répartition actuelle de la main-d’œuvre chinoise entre les principaux secteurs de l’économie. Il y a eu une forte diminution de la proportion de la population active employée dans l’agriculture, qui est passée de 47 % en 2004 à moins de 30 % dix ans plus tard. Cette diminution s’est accompagnée d’une augmentation jusqu’à 2011 environ de la part de la main-d’œuvre industrielle, qui s’est alors stabilisée autour de 30 %. Pendant cette même période, il y a eu une augmentation constante dans le secteur des services, qui est passé d’environ 30 % en 2004 à plus de 40 % en 2014.
Il faut noter un fait important au sujet de ces emplois dans le secteur des services : la productivité de la plus grande partie d’entre eux n’est probablement pas très élevée. En supposant que le secteur des services continue à croître, on peut imaginer que cela constituera un mécanisme efficace pour absorber les travailleurs quittant le secteur agricole, tout en contribuant à limiter le chômage. La condition préalable pour cela, c’est que le revenu individuel des consommateurs chinois soit suffisamment élevé pour soutenir l’expansion du secteur des services. Il semble que les choses aillent dans cette direction. La consommation individuelle semble être en bonne voie pour remplacer les investissements dans les infrastructures comme moteur principal de la croissance économique. En 2014, la consommation individuelle a représenté 51 % du PIB, en hausse de 3 points par rapport à 2013. Les ventes de voitures et d’appareils électroménagers, ainsi que l’ensemble des ventes au détail, ont augmenté. Dans la première moitié de cette année, la consommation individuelle a représenté 60 % de la croissance économique du pays.
Plus d’un tiers de la population active chinoise est constituée de travailleurs migrants venus des régions rurales ; ils représentent probablement la couche la moins bien payée des ouvriers de l’industrie. Pendant les années 1980 et 1990, les salaires réels des ouvriers chinois avaient très peu augmenté, malgré d’énormes gains de productivité – le simple transfert d’un travailleur d’une ferme dans un coin reculé de la campagne vers une usine en ville représente un énorme gain de productivité. Après 2009, les salaires des travailleurs migrants ont connu une augmentation spectaculaire – ils ont presque doublé en cinq ans. Cet accroissement du coût de la main-d’œuvre est un des principaux facteurs du ralentissement de la croissance tirée par les exportations de la Chine.
La question que tout cela pose à mon avis est la suivante : que va-t-il arriver quand le réservoir de travailleurs migrants commencera à se tarir ? Autant que je puisse dire, ce jour n’est pas nécessairement très éloigné. La tranche de la population chinoise âgée de 15 à 24 ans est passée de 250 millions de personnes en 1990 à environ 200 millions en 2015. C’est en partie l’effet de la politique de l’enfant unique décrétée par le régime. En 2014, le nombre de travailleurs migrants âgés de 16 à 20 ans était inférieur de 14,5 millions à celui de 2008, une chute de 60 %.
La population chinoise en âge de travailler, entre 16 et 60 ans, est actuellement d’environ 916 millions de personnes. Ce nombre est en diminution depuis trois ans, à un rythme qui s’accélère. En février 2015, le nombre total de travailleurs migrants quittant les zones rurales pour chercher du travail en ville a diminué de 3,6 % par rapport à l’année précédente. C’est la première fois qu’on enregistre une diminution du flot de travailleurs migrants. Pour le moment, le déclin du nombre de jeunes travailleurs migrants est compensé par une augmentation du taux d’activité des seniors. Entre 2008 et 2014, la proportion des travailleurs migrants de plus de 50 ans est passée de 11,4 % à 17,1 %. Entre 2013 et 2014, le nombre de travailleurs migrants de plus de 50 ans s’est accru d’environ 14,6 %, la plus forte augmentation en trois ans.
A mesure que le flot de travailleurs migrants venus des zones rurales commence à se tarir, le développement économique va dépendre de plus en plus fortement de l’augmentation de la productivité. Tout comme pour ce qui est d’améliorer la qualité des biens industriels, la bureaucratie est par nature mal préparée pour améliorer l’efficacité et l’innovation. Ce point a été expliqué par Léon Trotsky, par rapport à l’Union soviétique, dans la Révolution trahie (1936).
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